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Mecanicus : comment des passionnés réinventent le business de la voiture de collection à Paris

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Victor Roney, expert chez Mecanicus, parcourt des centaines de milliers de kilomètres chaque année à travers l’Europe. Son job : dénicher, négocier et rapatrier des voitures de
collection. Derrière cette profession atypique se cache un business model qui défie les codes du secteur : être propriétaire de son stock, afficher une transparence totale et
créer un véritable lieu de vie autour de la passion automobile. Capucine Danot et Margaux Luzé l’ont rencontré à l’occasion du salon Rétromobile de Paris.

À l’heure où les concessions traditionnelles peinent à séduire une clientèle jeune et exigeante, Mecanicus a choisi une toute autre voie. Fondée en 2018 par Quentin Leblond,
l’entreprise parisienne s’est imposée comme une référence dans l’achat-vente de véhicules de collection en cassant les codes de la profession. Le principe : proposer un
catalogue digital, être propriétaire de leur stock de véhicules pour garantir qualité et transparence, développer une clientèle internationale, et créer un écosystème complet
autour de la passion automobile.

“À la base, Quentin voulait un lieu où on regarde la F1 entre potes le dimanche, avec un frigo Red Bull, où on peut réparer nos motos et nos voitures”, explique Victor. “Il ne fallait pas que ce soit une concession au sens propre avec un sol blanc carrelé, quelqu’un en costume trois-pièces et une vibe où tu as l’impression de te faire enfler.” Contrairement aux intermédiaires classiques qui se contentent de mettre en relation acheteurs et vendeurs, Mecanicus achète directement les véhicules qu’elle propose. Une stratégie risquée mais payante qui permet de contrôler toute la chaîne, de l’inspection mécanique chez des partenaires spécialisés à la livraison finale. “Toutes nos
autos sont inspectées par des mécaniciens spécialistes de chaque marque aux quatre coins de la France. On a une centaine de garages partenaires”
, précise Victor.

Mecanicus s’exporte en Europe

Le métier d’acheteur chez Mecanicus exige des compétences pointues, allant des connaissances mécaniques, à la maîtrise du marché européen, en sachant négocier en
anglais, et bien sûr, la capacité à conduire des véhicules rares et coûteux. Leur réputation à l’internationale n’est plus à prouver; en effet, l’activité et la présence de Mecanicus s’exporte au delà de nos frontières. Plus les véhicules sont rares et chers, plus la clientèle est étrangère. Une réalité qui oblige l’équipe à développer une logistique rodée pour livrer partout en Europe. “Aujourd’hui, on a livré trois ou quatre voitures et c’était uniquement à l’étranger : Autriche, Espagne… Juste avant de venir, j’ai mis une
voiture dans un fourgon qui partait en Allemagne.”

Pour cette nouvelle édition du salon Rétromboile, Mecanicus expose des modèles dont la valeur totale avoisine les trois millions d’euros.

Sur Rétromobile, Mecanicus rencontre son public, en vrai

Au-delà de la vente, Mecanicus a créé House of Mecanicus, un concept hybride unique à Paris. Ce lieu de 500m2 mélange showroom, atelier partagé, bureaux et espace
événementiel. L’endroit accueille également Anglesio Moto, une boutique de motos custom, ainsi que le podcast “Dans la boîte à gants” de Yann Delplanque. “C’est un co-working automobile”, résume Victor. “On a même libéré quelques places dans nos locaux pour des potes à nous qui sont photographes automobiles. C’est là qu’est né House of Mecanicus, c’est vraiment le lieu de vie autour de la boîte.” Le concept attire une clientèle qui cherche une expérience diJffrente. Les achats se font uniquement sur rendez-vous, loin de la pression commerciale des concessions classiques. “Comme on vend presque 50% des voitures sans voir les gens, c’est ultra plaisant de recevoir les fleurs d’une année de travail”, nous confie Victor à propos de l’importance de leur présence lors de salons comme Rétromobile, où Mecanicus expose 2,5 millions d’euros de véhicules.

Mecanicus organise désormais des Car Brunchs, des rassemblements et des soirées F1 pour créer du lien entre aficionados. “On a envie de rajeunir ce milieu. Ça fait 20 ans que
je suis malade de bagnoles et il n’y avait aucun endroit où je pouvais aller me balader qui me plaisait”
, confie Victor. “On veut que des jeunes et des moins jeunes viennent manger une pizza autour de caisses des années 40 aux années 2020.” Une stratégie événementielle qui renforce l’image de marque et fidélise une communauté de passionnés. “On va diversifier : Car Brunchs, balades, rallyes, événements dans notre garage, soirées F1…”, développe Victor. L’ouverture complète des nouveaux locaux est idéalement prévue pour début mai, avec des espaces encore plus vastes pour accueillir entre 25 et 35 voitures.

En misant sur la transparence, la propriété du stock et la création d’une véritable communauté, Mecanicus prouve qu’il est possible de réinventer le business de la voiture
de collection. Une approche qui séduit une clientèle jeune et internationale, prête à payer pour une expérience authentique loin des codes traditionnels du secteur.

Sujet réalisé par Capucine Danot et Margaux Luzé.