LOADING

Type to search

Interviews

Coronavirus – Rohan Chabot : « Pas sûr que l’Etat nous accorde des reports de paiement »

emmanuel rohan chabot zebet zeturf
Partager cette information

Nous poursuivons notre série d’entretiens avec les professionnels du sport dont l’activité est impactée par la pandémie de coronavirus. Emmanuel de Rohan Chabot est le patron et fondateur de ZEturf & ZEbet.

Le Sport Business : Quelle était la tendance de votre entreprise en ce début d’année, sur le courses et les paris sportifs ?

Ça marchait plutôt bien. Janvier n’était pas terrible car il y avait de gros décalages de calendrier, sur le football européen par exemple. Février marchait très bien, on était sur une croissance assez forte, de 20% sur le marché et nous suivons souvent cette tendance. Pour les courses cela fonctionnait très bien, il y avait un redémarrage global de l’activité et je pense que le PMU le sentait aussi sur son réseau physique. Le pic de la saison des courses, avec le trot à Vincennes, s’était bien passé. Nous étions à 20% de progression sur nos chiffres 2019.

Tout est aujourd’hui à l’arrêt, dans quel état d’esprit êtes-vous ?

Le sport européen et américain sont à l’arrêt. Le pari sportif représente 60% de football, 20% de tennis et 10 à 15% de basket. Quand vous enlevez ça, il n’y a plus rien. En France, les opérateurs de paris sont soumis à une liste de sports beaucoup plus restrictive que l’offre que peuvent avoir les opérateurs internationaux. En France, nous n’avons plus rien à proposer ou presque. Nous avons obtenu de l’ARJEL une extension marginale de cette liste avec le football australien. Nous lui demandons un assouplissement temporaire pour récupérer des compétitions un peu plus exotiques. Cela dépend d’eux. Il n’est pas question de proposer des compétitions à risques, le but de la manœuvre est de récupérer des compétitions crédibles et honnêtes même si elles sont de seconde zone. L’activité s’est cassée la gueule de 90%.

Il n’y a plus de courses en France mais cela continue à courir en Suède ou en Irlande. Nous avions des courses en Amérique latine qui se sont arrêtées, cela sera sûrement le cas bientôt en Afrique du sud. Aussi bizarre que cela puisse paraitre, il y a encore des courses en Asie et aux Etats Unis. Nous avons un programme plus large que nos concurrents, cela nous permet de maintenir une activité. Combien de temps cela va durer… ? Je ne prendrai pas de paris dessus.

Vous êtes tout de même confiant pour la reprise ?

Si on regarde au delà de notre activité, il va quand même y avoir un choc considérable sur l’économie. Oui, ça reprendra mais est ce que les gens auront encore de l’argent à consacrer à cette distraction si ils sortent d’une période de chômage partiel ou chômage tout court ? Nous sommes une activité de distraction, pas de première nécessité. C’est aujourd’hui que nous sommes de première nécessité car les gens sont enfermés chez eux. Les choses vont repartir mais que feront les gens lorsqu’ils auront retrouver leur liberté ?

Si la crise dure jusqu’au 1er mai, les opérateurs tiendront le coup et feront le dos rond mais nous sommes dans le flou aujourd’hui.

ZeBet est aussi partenaire de l’AS Saint-Etienne, quelles sont les conséquences sur le contrat qui vous lie au club ?

Nous gérerons cela en bonne entente avec le club. Si la saison se termine, même tardivement, cela ne changera rien, nous irons au bout de la saison. Si la saison ne reprend pas, on verra cela au moment où on négocie les contrats de sponsoring pour la saison prochaine. Lorsqu’on lit un peu l’actualité, on a l’impression que ce sont les gros clubs qui vont faire la loi. Il faudra que tout le monde fasse des efforts intelligemment.

Et vos salariés, comment s’adaptent-ils ?

Nous sommes une activité internet, on peut travailler à distance. Nous avons mis en place des gros systèmes de VPN. Si tout s’arrête pendant longtemps, on va se retrouver avec des gens qui peuvent travailler de chez eux mais avec rien à faire. On leur demandera peut être de prendre un peu de vacances et nous verrons selon les pays les mesures de chômage technique que l’on peut prendre afin de ne pas brûler trop de cash.

Comme beaucoup en France, nous avons demandé des reports de paiement des taxes, je ne suis pas sûr que l’Etat nous les accorde car les opérateurs de paris n’ont pas bonne presse. On ne nous considère pas comme indispensables, on essaie donc de s’organiser au mieux pour que la trésorerie tienne.

——-

Les grands chiffres de l’année 2019 :

ZETURF
220 millions d’€ de mises  soit +14% par rapport à 2018
20% de part de marché

ZEBET
280 millions d’€ de mises
4ème opérateur français

CA 2019 ZETURF-ZEBET 500 millions d’€