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Marie Olive, une reconversion réussie

marie olive graphiste sport
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Marie Olive a terminé sa carrière de joueuse professionnelle de handball en 2021, à 35 ans, du côté de Plan de Cuques, en Ligue Butagaz Énergie, le plus haut niveau français. Avant de poser définitivement ses valises dans le sud, elle est passée par Nantes, Lyon, Toulouse et Angoulême. Des expériences formatrices pour l’ancienne pivot qui se consacre aujourd’hui à son activité de graphiste. 

Le Sport Business : Certaines joueuses suivent parfois des études ou ont une petite activité en plus de leur carrière, c’était votre cas ?

Marie Olive : Mon père me disait souvent qu’il fallait avoir quelque chose à côté du handball parce que du jour au lendemain on peut te remplacer. D’avoir quelque chose à côté me permettait d’avoir un équilibre et de penser à autre chose. Il y a eu des années où je ne faisais que du handball et je m’ennuyais, je n’étais pas forcément épanouie. Comme la plupart des sportifs, je suis passée par STAPS et une fois en Master, ça ne me plaisait plus trop.

Il y a le côté artistique qui me suivait depuis que je suis petite alors j’ai fait une formation à distance pour mêler le haut niveau à côté. J’ai fait des stages, j’ai travaillé pour des agences et j’ai aussi été bénévole pour les clubs pour qui je jouais afin de me faire la main puis une fois à Angoulême, je me suis mise à mon compte. Je voyais ma fin de carrière approcher, je me suis dit qu’il fallait anticiper les choses alors j’ai commencé à créer du réseau, à me montrer, poster des choses. Mine de rien, sans le hand, en freelance, si je n’ai pas de client, je n’ai pas d’argent. Cela se passe plutôt bien depuis 2 ans où je suis à 100% sur cette activité. J’ai même commencé une formation en marketing pour voir plus loin, structurer les choses et créer une agence.

Vous ne vouliez pas rester dans l’univers du handball ?

Je suis une mauvaise pédagogue mais j’ai surtout toujours eu besoin de couper. Aujourd’hui, j’ai encore un lien avec le sport mais je ne suis pas dans un gymnase à entraîner. J’ai besoin de voir d’autres choses.

Qui sont vos clients aujourd’hui ?

C’est vrai que le handball, vu mon réseau, c’est plus facile. Je travaille pour Plan de Cuques, Angoulême et la Ligue féminine de handball depuis avril. C’est un gros client que j’ai eu cette année. C’est une grosse structure et il y avait besoin d’avoir un changement graphique, il y a vraiment eu un travail de fond réalisé avec Vanessa Khalfa, la responsable du développement. Je travaille aussi pour la Fédération française de rugby, des agences événementielles plus ponctuellement. Récemment, j’ai travaillé pour le Rolex Paris Masters avec GL Events ou la marque Hummel pour le design de leurs maillots de sport. J’aime bien sortir du hand. C’est un sport qui m’aide beaucoup mais j’essaie de grappiller du terrain et de m’imposer en dehors.

Votre passé de joueuse est un argument supplémentaire ?

J’ai l’expertise de la pratique, de la performance, des ambitions et des challenges. C’est un package qui peut peser dans la balance avec un client. J’en joue mais c’est moi, cela fait partie de mon histoire.

Les grandes stars du sport ont parfois un graphiste attitré avec une charte dédiée pour leurs réseaux sociaux, cela existe aussi dans le hand féminin ou vous diriez que les budgets empêchent ce développement ?

J’ai essayé de proposer mes services aux joueurs et aux joueuses de hand pro mais on m’a vite dit qu’il n’y avait pas d’argent ou que cela ne les intéressait pas forcément. Je pense qu’il y a quelque chose à faire pour les athlètes mais le besoin n’est pas très présent en France. C’est important d’avoir une ligne graphique pour harmoniser les messages.

Dans le sport particulièrement, la concurrence a l’air très rude sur le graphisme ?

Oui, un peu comme dans tous les domaines. Chaque graphiste attire une clientèle différente. C’est sûr qu’il y a des gens biens installés, avec une notoriété, et c’est plus facile pour eux mais j’essaie de montrer qui je suis, comment je travaille. Depuis l’année dernière, j’ai commencé à suivre des coachings en développement personnel et business pour structurer mon offre. Il ne s’agit pas de vendre absolument mais de trouver le bon client avec qui ça match.

Vous avez gardé des contacts avec des joueuses ? Comment envisagent elles leur après carrière ?

Certaines ont un travail à côté ou quelque chose d’orienté, d’autres se cherchent. Certaines suivent des formations, d’autres non, c’est très varié. Lors de ma dernière saison en Ligue Butagaz Énergie, je menais ma vie de joueuse, de maman et de graphiste. J’avais de bonnes journées. Si tu n’es pas performante sur le terrain, tu ne vas pas prendre de plaisir et le club peut ne pas te conserver. 

Quels sont les comptes que vous aimez suivre en terme de graphisme ?

Pour le handball féminin, j’aime bien Metz, elles sont plutôt dans un design un peu moderne, très retouche photo, composition un peu décalée. La JDA Bourgogne Dijon, j’aime bien aussi ce qu’elles proposent. L’Olympique de Marseille, en football, est aussi un bon exemple. Je suis aussi beaucoup de graphistes américains. Aux Etats-Unis, c’est très pointu. Personnellement, je suis particulièrement sensible aux graphismes très colorés, aux effets néon, avec de la lumière, des contrastes. J’aime ce qui engage l’émotion, un peu comme une affiche de cinéma qui vous donne envie d’aller voir le match ou de suivre un joueur. La NBA, la NFL, le foot féminin là bas est en plein développement et je suis ça de près. J’essaie de m’imprégner pour progresser. 

Vous pouvez retrouver le travail de Marie Olive et lui écrire par ici.