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Thomas Sénécal (Canal+) : “On est dans une démarche de long terme avec la Formule 1”

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Alors que Canal+ détient les droits de diffusion de la Formule 1 jusqu’en 2029, le groupe prépare déjà l’avenir. Entre l’arrivée de nouvelles réglementations en 2026 et l’explosion des contenus digitaux sur l’App Canal, Thomas Sénécal, directeur des sports, livre sa vision stratégique pour maintenir la F1 au sommet de l’audience.

Le Sport Business : Canal+ a sécurisé les droits de la F1 jusqu’en 2029. Dans un marché des droits sportifs de plus en plus fragmenté et imprévisible, est-ce que cette visibilité à long terme est devenue votre actif le plus précieux ? Préparez-vous déjà l’après-2029 pour faire de la F1 un “héritage éternel” de la chaîne ?

Thomas Sénécal : On lance la saison 2026, donc ça nous laisse un peu de temps de voir venir. On est dans une démarche de long terme avec la Formule 1. Si les questions d’acquisitions sont gérées par la présidence et la direction des acquisitions, mon rôle est de piloter l’accompagnement éditorial. On a les droits jusqu’à la fin de la décennie, mais on se projette déjà dans l’accompagnement des jeunes pilotes, le développement de nos talents et de nos moyens techniques. On investit sur l’avenir pour construire dans la durée.

C’est la 14ème année, la 13ème a été la meilleure, et on se dit que le meilleur est à venir. Une génération en chasse une autre, une histoire en chasse une autre sur le plan éditorial. Aujourd’hui, on a de jeunes pilotes comme Isack Hadjar qui grimpe les échelons, Doriane Pin qui a rejoint notre équipe cette année mais qui va poursuivre sa carrière de pilote… Les Gasly, Ocon et Leclerc arrivent à maturité. On a envie de raconter ces feuilletons patrimoniaux sur Canal.

Les audiences de la F1 ont doublé depuis 2017. Avec le nouveau règlement 2026, est-ce que Canal+ mise sur une nouvelle explosion des abonnements ? Est-ce que le sport automobile est devenu l’un des véritables piliers de fidélisation de vos abonnés ?

Ce sera le cas si on raconte bien l’histoire de ce changement réglementaire. Ça peut déstabiliser au départ, apporter des courses folles ou créer des difficultés de compréhension. Notre boulot, c’est l’explication, prendre les gens par la main. C’est ce qu’on fait depuis 13 ans pour tous nos abonnés, des experts aux néophytes. Si ça redistribue les rôles, c’est bien. On n’aime pas quand un constructeur écrase tout, une domination n’est jamais bonne pour le spectacle. Mais le règlement ne fait pas tout, il faut des courses spectaculaires et que les forces françaises soient dans le match pour qu’il y ait une vibration chaque dimanche à 14h ou 15h.

Margaux Luzé et Thomas Sénécal lors de la conférence de presse de lancement de la nouvele saison de sport automobile, le 16 février, à Paris.

Vous avez annoncé une saison 2026 très riche en récits et documentaires exclusifs. Est-ce que cette stratégie de “storytelling” est votre arme principale pour transformer un fan de sport occasionnel en un abonné fidèle à l’année ? Quelle place prend le digital dans votre stratégie de “storytelling” ?

C’est un axe de développement majeur. L’App Canal devient de plus en plus une application et on voit que la consommation se fait de plus en plus en “délinéaire” pour les contenus dits froids (documentaires). On a doublé notre production documentaire, interne et externe. Par exemple, Fabio Quartararo : Inside Sport ou Enzo Ferrari… On a doublé la volumétrie avec succès. L’Odyssée du Top 14 a dépassé 1,4 million de visionnages complets. Samir Nasri : L’Intégrale a passé le million. Le documentaire permet de révéler des personnalités et de façonner l’image de nos sports.

Comment gérez-vous le mix entre le linéaire, la plateforme et le digital pour rester dans l’air du temps ?

L’enjeu est de créer un lien avec nos abonnés de 2030 ou 2040. Ça passe par un contenu TikTok qui perce, suivre une tendance sur les réseaux sociaux pour entrer dans le cœur des ados. J’ai trois ados à la maison et j’ai senti un mouvement de fond sur la F1 il y a cinq ou six ans quand leurs copains ont commencé à parler de Leclerc ou Verstappen. On va chercher cette génération sur les réseaux. On utilise aussi des consultants comme Dorian Pin ou Théo Pourchaire. On essaie d’associer le savoir-faire de Canal avec l’efficacité des réseaux sociaux. On est capable de sortir des documentaires de grande qualité en un temps très court grâce à nos équipes internes.

Une dernière question plus rigolote. Si on devait considérer la F1 comme une série télévisée, quel serait le titre du premier épisode de 2026 et le “plot twist” principal ?

J’utiliserais le titre que nous avons choisi pour la saison : “Nouvelles Aspirations”. Pourquoi ? Parce qu’avec le nouveau règlement, tous les pilotes ont le droit de rêver. On a de nouvelles écuries, Cadillac, Audi… C’est un vent nouveau. Le “plot twist”, ce serait de voir 22 pilotes capables de faire un gros coup à Melbourne et de surprendre le spectateur par des dépassements inédits.

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