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À 23 ans, ce joueur pro de volley a déjà tout préparé pour son après carrière

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Romain Capet a fait le plus dur. Issu du centre de formation de Sète, il est maintenant joueur professionnel de volley. Il aurait pu, comme ses coéquipiers, se concentrer uniquement sur le terrain. Trop simple pour le réceptionneur-attaquant qui s’est spécialisé depuis cinq ans dans l’achat-revente de sneakers et de street wear.

C’est la rentrée pour lui aussi. Après avoir découvert la Ligue A et le monde professionnel avec Sète, direction Ajaccio en Ligue B. “Il faut que je me lance et que je saisisse une opportunité pour débuter ma carrière. Sète a un énorme budget mais préfère miser sur des joueurs étrangers. Ajaccio a l’ambition de remonter dès cette année. Comme rampe de lancement, je ne pouvais pas avoir mieux”, explique Romain Capet, 23 ans, jeune joueur mais déjà entrepreneur aguerri.

Au centre de formation de l’Arrago de Sète, qui entame d’ailleurs sa 50ème saison consécutive au plus haut niveau, il avait déjà la tête aux études. “C’était obligatoire d’avoir une formation à côté”. S’il a validé ses stages, il n’a malheureusement toujours pas pu valider ses oraux de BTS. “À chaque fois que je veux les passer, on est soit en déplacement, soit en match et je ne suis pas libéré par le club. Tout est validé sur le papier, j’ai eu de bonnes notes en plus mais il faut que je puisse passer les oraux.” Partie remise. Rien ne l’empêche de poursuivre son activité extra-sportive.

“Tu l’as en 44 en celle-là ?”. Un peu rangement après l’entraînement pour Romain Capet.

Un expert du marketing autodidacte

Depuis 2021, il s’est spécialisé dans la chaussure. II déniche des modèles recherchés, presque introuvables, pour les revendre sur sa plateforme, KP Shoes. “Je savais que cette paire se revendait sur internet donc j’en achetais plusieurs. Et après, je les revendais de mon côté, sur Vinted au départ, comme un débutant. Le marché physique et en ligne n’est pas le même. Par exemple, il y a une paire qui va être hyper recherchée en France qui va demain ressortir dans une boutique particulière, disons à Montpellier. En la revendant en ligne, je peux me faire plus d’argent. C’est ce que j’ai compris en faisant de l’achat-revente à l’unité. Au bout d’un moment, ça a vraiment pris une autre ampleur parce que je commençais à avoir 20-30 paires à la maison. Ma mère m’a dit qu’il fallait que je structure les choses”, raconte Capet avec fierté.

En 2024, il passe à la vitesse supérieure et lance son premier site. “C’était à la va vite, vraiment pas pro. Mais au moins, j’avais une vitrine. Je me suis dit, qu’il fallait tenter le tout pour le tout.” Alors il efface tout et créer une vraie “DA” (direction artistique) avec une ligne éditoriale, fait appel à une créatrice de contenus. “J’ai créé une plateforme très pro, très sérieuse. Sur les réseaux, c’est devenu un média qui guide vers l’achat.  En vrai, ça m’a pris six mois en bossant tous les jours. J’ai tout appris tout seul. Je calais ce travail de rebranding entre les entrainements. C’était vraiment de la pure motivation parce que sinon, je ne l’aurais jamais fait.” Romain est même allé jusqu’à développer, grâce à l’intelligence artificielle, un système pour automatiser la recherche des prix du marché et proposer le meilleur tarif. “Au début, je rentrais mes prix moi-même. Puis je me rendais compte qu’en 24 heures, un prix peut tripler ou être divisé par deux. C’est un logiciel qui tourne toutes les nuits sur mon site. Mon objectif, c’est vraiment d’être une référence de confiance française. Un client qui cherche une paire rare comme une paire classique de boutique peut aller sur mon site, je serai toujours aligné au bon prix.”

Une inspiration pour la nouvelle génération

Dans le championnat de France, Romain est un joueur à part. La plupart de ses coéquipiers n’ont pas pensé à l’après. Ce projet est pour lui un espace où il récupère et garde les pieds sur terre : “Mon entreprise, c’est ce qui me libère la tête le soir. Je devenais fou à penser qu’au volley. Quand mes collèges étaient vraiment mentalement fatigués, moi, j’étais en forme et j’étais toujours autant motivé toute l’année sur le plan sportif. J’ai essayé de transmettre cet état d’esprit à des jeunes mais je ne sais pas si ça les inspire. En fait, en vrai, c’est tellement simple. Nous, on fait du sport, on est rémunérés. Tu ne penses pas à ton après carrière. Tu es tellement dans un confort de vie exceptionnel que tu ne penses à rien. Tu es logé, tu es nourri, tu as un salaire alors que tu as 18 ans. Tu ne penses pas à l’après. Les mecs, ils arrêtent les études, ils vivent et c’est tout.”

Ce fils d’ancien joueur pro aime les défis. Le premier est toujours de performer au plus haut niveau. “Ma famille m’a encouragé mais ils avaient peur que je mélange un peu tout. Je veux revenir en Ligue A, j’ai choisi volontairement de partir pour poursuivre ma progression. Je me vois jouer jusqu’à 35 ans mais on ne sait pas ce qui peut se passer, une blessure peut tout arrêter.” Discret sur son parcours, il aimerait aujourd’hui alerter et inspirer les joueurs de demain.