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Emmanuel de Rohan Chabot: “70% de notre chiffre d’affaires se fait sur le mobile”

Mathieu POPLIMONT vendredi 07 décembre 2018
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Emmanuel de Rohan Chabot a le goût du risque. Après une longue bataille judiciaire, il a été un des premiers acteurs à venir concurrencer le PMU sur son terrain. En 2016, les sites ZEbet et ZEturf ont dégagé 350 millions d’euros de chiffre d’affaires. Entretien.

LeSportBusiness.com: En vous attaquant au monopole du PMU en 2005, vous ne pensiez pas que cela allait vous attirer des problèmes ?

Emmanuel de Rohan Chabot: Non, j’étais innocent à l’époque. Il y avait une jurisprudence européenne qui était plus claire qu’aujourd’hui. Deux jugements de cours européennes de justice avait posé le principe que les monopoles nationaux de paris en ligne n’étaient pas compatibles avec le droit européen. J’ai clairement pensé que le sujet était clos et qu’il n’y avait plus de problèmes de fond.

J’ai pensé que le PMU ne réagirait pas et que si nous rentrions dans un processus juridique, nous allions porter le sujet devant la justice et nous gagnerions. Je croyais que le PMU me laisserait faire et que nous trouverions un terrain d’entente financier. Ils n’ont pas réagi comme je l’imaginais et ont attaqué très rapidement (rires).

Comment s’est déroulée cette bataille judiciaire ?

Au niveau civil d’abord, la société a été condamnée en France à payer des amendes considérables pour nous forcer d’arrêter. La société était basée à Malte donc nous ne payions pas ces amendes. La cour de cassation nous a donné raison en France, en 2007. Le PMU a alors activé la justice pénale et j’ai fait 2 jours de garde à vue.

En 2010, nous avons obtenu une des toutes premières licences, ce qui encadrait enfin notre activité en France.

Le marché est ouvert sur internet mais qu’en est-il des points de vente physiques ?

L’Europe, qui était le moteur de cette libéralisation, ne s’est jamais penchée sur les points de vente. Il faut une structure très lourde: le PMU a plus de 10 000 points de vente, la FDJ en a 40 000. Le jeu se fait en liquide et de manière anonyme, cela pose des problèmes de blanchiment d’argent et nous n’avons pas les moyens pour surveiller ces éléments. Je n’ai pas d’ambitions sur le marché physique, ce n’est pas mon sujet. Les autres gros acteurs internet sont aussi dans cette position.

En 2014, vous lancez ZEbet pour les paris sportifs. C’était plus simple à mettre en place ?

Nous avons demandé une licence à l’ARJEL mais il n’y avait aucun vide juridique, le marché était ouvert, il n’y avait pas de problèmes. Notre activité de paris sportifs est aujourd’hui aussi importante que les paris hippiques. Le marché est en fort développement avec 40% de croissance tous les ans.

Quel est votre positionnement par rapport aux autres gros acteurs comme Winamax ou BetClic ?

Le marché est structuré autour de 3 gros acteurs qui ont environ 20% de parts, il s’agit de BetClic, Winamax et Unibet. Derrière, il y a un peloton de suiveurs avec le PMU, la FDJ et nous. Notre part de marché est de l’ordre de 8%. Nous visons les 15% dans un horizon de 2 à 3 ans. Il faut que notre activité génère de faibles marges pour proposer des côtes très attractives.

Sur internet fixe ou mobile, il faut proposer des outils très performants. Nos sites ne doivent jamais être indisponibles. Notre chiffre d’affaires repose à 70% sur le jeu mobile, c’est considérable.

Combien de salariés compte l’entreprise ?

C’est du moitié-moitié entre Malte et la France. Nous employons une quarantaine de personnes.

Le eSport est en plein développement, c’est un secteur sur lequel vous voulez vous appuyer ?

C’est un marché d’actualité, oui, mais pas encore sur les paris. En France, c’est illégal de miser sur cette activité mais nous souhaitons le développer en Allemagne et dans d’autres pays européens comme la Belgique, l’Espagne et le Portugal.

Certains de vos concurrents communiquent lors d’événements sportifs, ce n’est pas intéressant pour vous ?

Nous avons fait des campagnes d’affichages récemment en ville, pas sur les stades. Je ne suis pas certain que cela soit efficace, c’est surtout pour se faire plaisir. Le métier du paris sportif est mené chez ces acteurs par des professionnels du marketing. Il y a une espèce d’amour propre du sponsor. Cela fait plaisir aux dirigeants d’avoir des loges dans les stades mais commercialement, je ne pense pas que cela soit efficace.

Un grand merci à monsieur Emmanuel de Rohan Chabot, pour sa disponibilité et le temps accordé à la rédaction de Le Sport Business. Aujourd’hui, le groupe Zeturf et sa filiale sportive Zebet font partie des bookmakers qui progressent le plus en France, venant concurrencer toujours plus intensément l’historique PMU. Avec notamment un bonus Zebet de 150€ offert à chaque nouvel inscrit (plus d’infos), le groupe prend le parti de séduire de nouveaux joueurs en les accompagnant, leur offrant de généreux avantages et des cotes toujours plus intéressantes. Une stratégie qui semble payer, puisque le groupe a généré plus de 350 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2017.

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