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[Interview] Guillaume Borne, le football ne l’a pas tué

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[Interview] Guillaume Borne, le football ne l’a pas tué

Rédaction Le Sport Business jeudi 01 mai 2014
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Lumière et ombre. Loin des paillettes et du football business, Guillaume Borne a aujourd’hui la tête sur les épaules. Passé par le Stade Rennais et l’équipe de France des moins de 19 ans, il a connu une lente descente aux enfers. Trop jeune et trop fragile pour affronter l’impitoyable monde du ballon rond, il s’est reconstruit. Aujourd’hui à l’AS Vitrée, il prépare la saison prochaine et son nouveau départ. Guillaume Borne veut sensibiliser et conseiller la nouvelle génération de footballeurs.

LeSportBusiness.com: Guillaume, le magazine So Foot et le journal 20 Minutes se sont récemment intéressés à toi. Peux tu nous présenter ton parcours ?

Guillaume Borne: Je viens d’avoir 26 ans. J’étais joueur professionnel à Rennes, à Brest et Boulogne sur Mer. J’ai ensuite été en Fédéral à Beauvais et aujourd’hui en CFA à l’AS Vitrée, à côté de Rennes.

Les petits articles dans So Foot et 20 Minutes, c’était pour aider et faire parler des joueurs qui ont été dans ma situation ou qui vont l’être. On croit que tout le monde est beau et gentil mais ça ne se passe comme ça. Nous ne sommes pas à plaindre au niveau financier mais quand ça s’arrête, il faut avoir prévu les choses.

Chacun réagit aux difficultés du football différemment. Dans les centres de formation, il faudrait avoir beaucoup plus de suivi pour les jeunes.

« Je n’ai pas percé dans le haut niveau car je n’étais pas prêt mentalement. C’est allé trop vite. J’étais professionnel à 18 ans »

 

Tu n’étais pas prêt mentalement mais aussi mal conseillé ?

Je n’étais pas prêt mentalement, je m’en suis rendu compte. J’ai totalement changé mon approche et mes relations au niveau du football. C’est vrai qu’il faut être accompagné de personnes sérieuses qui ne sont pas là que pour l’appât du gain. Dans ma descente, mon téléphone ne sonnait plus.

Il y a aussi le facteur chance qui fait que je n’ai pas réussi.

En 2007, Guillaume Borne discute avec Frédéric de Saint-Sernin, président du Stade Rennais

En 2007, Guillaume Borne discute avec Frédéric de Saint-Sernin, président du Stade Rennais

Tu as encore des contacts avec d’anciens coéquipiers ?

Oui, quand même. Mon meilleur pote, c’est Fabien Lemoine (joueur de l’AS Saint Etienne) qui était à Rennes avec moi. Je vois des fois Romain Danzé (qui joue encore à Rennes). Mais bon, beaucoup moins qu’avant.

Et ces joueurs qui sont encore professionnels, quels regards ont-ils sur ce qui t’est arrivé ?

Avec Fabien, on se dit tout. Ils sont là pour m’aider et que je retrouve quelque chose. Mais comme je le disais tout à l’heure, mon répertoire téléphonique est passé de 1 000 contacts à 300.

« Des gens m’ont lâché. Ils étaient juste là parce que j’étais Guillaume Borne qui jouait au Stade Rennais et qui gagnait bien sa vie »

Les articles récemment, c’était pour mettre la puce à l’oreille aux personnes qui m’ont lâché. Au Stade Rennais, il y a des joueurs qui sont en pleine bourre. C’est une alerte pour eux: est ce qu’ils sont bien accompagnés et conseillés ? Après, les personnes m’écoutent ou pas mais j’espère qu’elles feront les bons choix.

Tous les joueurs qui étaient dans l’équipe première à Rennes sont restés professionnels ?

Il y avait beaucoup d’anciens à l’époque (rires). Giresse Kembo est allé jouer au Qatar. Lhadji Badiane est parti à Laval. Après il a eu une grosse blessure et du mal à revenir pendant deux ans. Il est allé en deuxième division allemande. Il a dû se reconstruire mentalement.

Par rapport à mon poste et mon âge, il y a Bira Dembele. Il jouait à Rennes avec moi puis il est venu à Boulogne. Il est ensuite allé à Sedan mais n’a pas joué pendant 2 années. Il vient de signer en 3ème division anglaise.

Chacun est différent. Certains se relèvent plus vite que d’autres. J’avais ma famille, ma femme et mon petit et c’est grâce à eux j’ai relevé la tête et que je vais peut être retrouver un club pro cet été.

 

Tu as des touches pour la saison prochaine ?

Oui, ça commence à bouger, justement par rapport aux articles car c’était aussi pour me faire voir, pour pas qu’on m’oublie car on m’a oublié. L’anonymat me va très bien. Aller en ville sans qu’on me sollicite, ça me va aussi.

Il y a 3 semaines, j’ai créé un compte Twitter pour rigoler avec des amis. Aujourd’hui, j’ai presque 100 contacts.

« Beaucoup d’anciens joueurs, de joueurs actuels et de gens inconnus m’ont envoyé des messages pour me remercier. Si ça peut faire bouger les choses, tant mieux »

Quel était ton statut cette saison ?

J’avais un contrat à temps partiel avec l’AS Vitrée et j’avais le complément du chômage. Mon chômage s’arrête au mois de Juillet. A côté, je suis auto entrepreneur en tant que conseiller en gestion de patrimoine. C’est un domaine qui m’intéressait beaucoup quand j’étais joueur pro car je me suis fait avoir lorsque j’étais jeune.

Je me dirige vers les jeunes de centre de formation pour les sensibiliser sur ce sujet et je travaille aussi avec des joueurs de Ligue 1 et Ligue 2. S’ils ont une blessure qui les écartent du football, ils sauront quoi faire.

« J’étais dans les papiers tout le temps pour me sortir des investissements que j’avais fait »

 

On a  abusé de ta confiance dans le passé ?

Ils pensaient que j’allais faire une carrière de malade parce que des clubs européens s’intéressaient à moi. Ils ont fait des investissements sur le long terme. J’ai de l’argent de côté donc je peux subvenir à mes besoins et payer les mensualités mais ce que j’ai mis de côté, c’était surtout pour des projets futurs et mes enfants.

De plus en plus de gens sont dans le monde du football pour l’argent. Ils veulent des grosses commissions. J’ai assez d’argent pour le moment, c’est vraiment pour conseiller les jeunes que je fais tout ça.

 

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