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Interviews

Thierry Cornec (Lapierre) : “100% de nos décisions sont prises en France”

Rédaction Le Sport Business mardi 11 mai 2021
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Le constructeur de vélos Lapierre fête son 75ème anniversaire. Son directeur général, Thierry Cornec, annonce même une croissance avoisinant les 20% en 2020. Pour Le Sport Business, il revient sur le fort développement que connait l’entreprise basée à Dijon.

Thierry Cornec est le directeur général de Lapierre depuis juillet 2020. Il était précédemment le directeur commercial  Europe de la marque Mavic.

On parle souvent de l’essor du marché du cycle. Pour Lapierre, quel est le bilan de l’année 2020 ?

Cela se traduit déjà par une forte demande des consommateurs et de notre réseau de distribution qui s’était accélérée à la sortie du premier confinement et qui n’est jamais vraiment redescendue depuis.

Nous avons connu une augmentation des ventes en 2020, mais qui était surtout liée à notre capacité à avoir des produits en stock. Aujourd’hui, nous sommes soumis au même rythme que les fabricants de vélo, c’est-à-dire à une tension forte sur l’approvisionnement des composants et des cadres.

D’où viennent ces composants ?

Majoritairement d’Asie pour toute l’industrie du vélo. Il faut en moyenne une centaine de composants pour monter un vélo. Ensuite, nos vélos sont montés et assemblés en Europe.

Pas forcément en France donc ?

Une partie de notre production est montée en France, environ 30%. On bénéficie de la force de notre groupe, le groupe Accell, qui oriente les produits vers ses usines. En France, nous sommes plutôt orientés sur des vélos plus compliqués, qui nécessitent une intégration plus forte.

Comment se répartissent les ventes des vélos Lapierre ?

40% des ventes sont en France. Une part importante est aussi réalisée en Allemagne, en Angleterre, en Italie et en Espagne. On est en train de se développer fortement au Benelux avec des moyens qu’on vient de mettre en place. A l’export, on subit encore plus les problèmes d’approvisionnement en ce moment.

Comment s’est passée la crise pour Lapierre ? Votre site internet a été une bouée de secours ?

Le site internet a été un vrai relai. On avait plusieurs dizaines de milliers de connexions par jour à la sortie du premier confinement. On a vu plus de ventes mais pas forcément un boom équivalent au nombre de connexion car les internautes pouvaient aussi commander leur vélo et se rendre chez un distributeur (plus de 400 en France). Il y a eu un tout petit peu de chômage partiel lorsque les magasins de cycle n’étaient pas jugés essentiels mais aucun licenciement sur la période.

 

Lapierre a fêté son 75ème anniversaire. Vous êtes toujours présent en France, notamment avec votre siège à Dijon, mais la marque fait partie du groupe Accell. Comment s’organise le management ?

Accell est un groupe unique dans l’industrie du vélo car il est issu de l’association d’une dizaine de marques qui ont toutes gardé leur indépendance. 100% de nos décisions sont prises en France et nos vélos sont conçus par des ingénieurs français. On bénéficie du support du groupe sur certaines fonctions qui sont partagées comme la logistique, la supply chain ou le développement. C’est justement Gilles Lapierre qui est responsable du département innovation et technologie pour toutes les marques du groupe.

Est ce que l’histoire française de Lapierre est un argument marketing dont vous profitez ?

On le met en avant, on pourrait le mettre plus en avant et on va le faire mais c’est quelque chose qui est connu de la distribution. Au niveau du consommateur, effectivement, on pourrait le dire plus souvent.

Une dernière question sur le partenariat entre Lapierre et l’équipe Groupama-FDJ. Quels sont les arguments qui vous ont fait prolonger ce sponsoring jusqu’en 2023 ?

Cette histoire dure depuis 2002, c’est plutôt unique dans le World Tour. Peu d’équipes aujourd’hui font remonter un cahier des charges idéal à leur partenaire vélo. Nous sommes en échange permanent avec le pôle performance de l’équipe jusqu’à la mise à disposition du vélo. Le consommateur bénéficie aussi de cette collaboration puisque les vélos qu’on commercialise sont très proches de ceux qu’utilisent les professionnels.

L’équipe correspond aussi à nos attentes puisqu’elle est devenue internationale au fil des années avec des coureurs comme Stefan Küng, Ramon Sinkeldam ou Jake Stewart, chez les jeunes. Et sur les résultats sportifs, nous sommes aussi heureux. Arnaud Démarre a été sacré champion de France en 2020 sur un vélo que nous avons développé ensemble.