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[Interview] Arnaud de Courcelles (la chaîne L’Equipe): « On laisse la Ligue 1 et la Ligue des champions aux chaînes payantes »

Mathieu POPLIMONT vendredi 16 juin 2017
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L’Equipe TV, L’Equipe 21 et maintenant la chaîne L’Equipe. Arnaud de Courcelles, directeur du pôle TV de L’Equipe, nous explique l’évolution et le nouveau positionnement de la chaîne. 100% gratuit.

LeSportBusiness.com: A 36 ans, vous avez déjà une solide expérience des médias (RMC, Médias 365 et Canal +). Votre passé de journaliste vous donne une légitimité auprès de vos équipes ?

Arnaud de Courcelles: Lorsque je suis devenu directeur du pôle TV et que j’ai commencé à travailler sur les budgets, j’ai dû me mettre à jour sur l’organisation et la gestion de budgets, les business plan… mais c’est sûr qu’en tant que journaliste, cela me permet d’avoir une vision globale et d’optimiser le travail de chacun. J’ai le sentiment d’être crédible quand on me parle d’un sujet, d’une émission, de la manière de le traiter.

L’Equipe TV était historiquement une chaîne d’information et depuis 2 ans, vous essayez de vous imposer en tant que chaîne de sport, sans abonnement. Expliquez nous cette nouvelle stratégie…

Nous avons eu la volonté de devenir la chaîne des événements et non la chaîne de l’information car ce positionnement n’avait pas trouvé son public, de part une concurrence très forte des chaînes et des applications de sport.

Nous avons développé notre politique d’acquisitions en allant chercher des droits puissants. Ça a commencé avec le biathlon et Martin Fourcade puis on a décliné sur d’autres disciplines comme le vélo, les sports mécaniques et des sports olympiques comme le volley. L’élément important, c’est aussi le changement de nom et d’identité visuelle. C’était important pour nous de nous appuyer sur la marque L’Equipe, qui fait partie du patrimoine français. Le côté « 21 » dévalorisait la chaîne. Nous avons aussi changé l’habillage pour être au même niveau que le journal ou le site. L’apparence est devenue très précise. Ces éléments mis bout à bout ont permis à la chaîne de passer de 0,4 à 1,1 d’audience en un an et demi.


Il y a une cohérence dans toutes les disciplines qui sont retransmises ?

Le plus important pour nous, c’est de répondre aux besoins de la grille. Nous ne voulons pas avoir des événements les uns sur les autres. On a une vision globale par semaine, par mois. Nous sommes une chaîne gratuite de sport, c’est notre singularité. Il faut savoir que 70% des français ne sont pas abonnés aux chaînes payantes. On a donc un rôle à jouer, avec des devoirs et des obligations vis à vis des téléspectateurs en leur proposant de la qualité sportive.

Nous allons laisser les sports puissants comme la Ligue 1 ou la Ligue des champions aux chaînes payantes. On va aller s’intéresser plutôt aux autres sports, ce qui nous permet d’avoir un catalogue très riche. On peut proposer du football de qualité, mais différemment. A partir de ce week-end, nous allons par exemple diffuser le championnat d’Europe espoir puis l’Euro des moins de 19 ans.

« La premières fois qu’on a vu Kilyan Mbappé, c’était en juillet 2016 sur la chaîne L’Equipe avec 1 million de téléspectateurs. Aujourd’hui, tout le monde le connait. »

Nous essayons d’être malins en construisant une offre intelligente, par période. Cela avait commencé par une stratégie de sport d’hiver avec le biathlon ou le bobsleigh afin de nourrir cette offre. Mais c’était aussi important de proposer des sports d’été puissants. Cette année, nous avons pu proposer 120 jours de vélo avec le Giro ou le Tour de Suisse, qui fait un carton d’audience. Il faut que chaque semaine, chaque mois, nous ayons un événement assez fort qui nous permette d’existe en termes d’audiences et de communication.

Paul Le Guen était sur la chaîne pour l’Euro 2016, on a aussi vu Jean-Paul Ollivier pour le Tour d’Italie et à la rentrée, c’est Estelle Denis qui sera à l’antenne. C’est un moyen efficace pour démocratiser la chaîne L’Equipe ?

Nous voulions changer l’image de la chaîne en allant chercher des personnalités avec une notoriété. Il y a eu Johann Micoud, Guy Roux, Raymond Domench, Olivier Rouyer… L’arrive de quelqu’un comme Estelle Denis, c’est la preuve que nous avons réussis à changer l’image de la chaîne.

« Il y a 2 ans, c’était inimaginable de voir Estelle Denis à nos côtés car l’image de la chaîne ne le permettait pas et que cela ne corresponsait pas à ses attentes. Aujourd’hui, nous donnons envie, nous sommes en position de force. L’arrivée d’Estelle Denis, c’est un moment fort et structurant pour la chaîne. »

SFR Sport et beIN se sont livrés une bataille concernant les droits des coupes d’Europe de football, quel est votre regard sur ces deux chaînes ?

C’est un marché très concurrentiel. SFR est un nouveau acteur avec de grandes envies. Je pense que c’est compliqué d’avoir 3 acteurs au même moment sur un marché ultra premium. Nous l’avions vu à l’époque d’Orange sport.

beIN a perdu cette bataille mais je me garderai bien de juger. Notre singularité est notre force et nous ne sommes pas concurrents sur ce type de droits, ça ne serait pas rentable pour nous. Notre public est différent. Cela nous pousse même à aller en périphérie de la Ligue 1 ou du Top 14. Nous proposons une autre vision du sport.

C’est pour ça que nous avons développé le rugby avec la Fédérale 1. Nous avons pris des risques et investis beaucoup d’argent. Les gens étaient tristes de ne pas avoir du rugby gratuitement. Nous avons proposés du rugby tous les samedi cette saison et nous avons enregistré des succès d’audience. Nous poursuivons notre route avec nos convictions.

 

 

 

 

 

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