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[Interview] Kombat Sport / SFR Sport 5, toujours debout !

LeSportBusiness.com – Depuis le mois de juin, Kombat Sport s’appelle officiellement SFR Sport 5. Etat des lieux avec Bruno Oppenheim, le directeur de la chaîne.

LeSportBusiness.com: Quel est l’historique de SFR Sport 5 ?

Olivier Oppenheim: Nous avons commencé en juillet 2012 en tant que Kombat Sport, en diffusion sur certains pays. On a commencé par le Luxembourg, où nous sommes basés, la France, la Suisse et la Belgique. Ensuite en Afrique subsaharienne puis, récemment, au Portugal. Nous diffusons dans 40 pays. Une fois qu’il y a eu les changements stratégiques au sein du groupe Altice SFR, nous avons changé, comme les autres, le nom de la chaîne.

C’est la même équipe et la même volonté et de faire une chaîne globale pour les sports de combat. Aujourd’hui, 27 disciplines ont été diffusées sur la chaîne.

Comment est né le projet, qui a poussé la création d’une chaîne 100% combat ?

L’envie est venue de Canal Sat. Nicolas Rotkoff, qui est le directeur de Ma Chaîne Sport, a répondu avec un dossier sur lequel j’avais travaillé à l’époque. Il y avait également Jean-Paul Maillet, de Canal+, qui était intéressé. C’est le dossier de Nicolas Rotkoff qui a été retenu.

Pourtant, Canal Sat n’a pas souhaité continuer la diffusion de la chaîne…

Dans la vie, certaines négociations se passent mieux que d’autres. Un accord n’a pas pu être trouvé et nos chemins se sont séparés. Mais personne n’est fâché.

Une chaîne de télévision entièrement dédiée à une thématique, c’est réellement viable ?

Il y en a beaucoup. Il y a des chaînes tout tennis, 100% sports mécaniques… C’est toujours plus compliqué car il faut être le plus large possible, ne pas s’adresser à du fan pur et dur. C’est pour ça que nous n’avons pas que des événements mais aussi des reportages, des documentaires, qui mélangent le voyage à la découverte d’une discipline.

L’Equipe 21 se positionne de plus en plus sur la boxe, comme à la grande époque de Canal+. C’est une nouvelle concurrence pour vous ?

Il y a du pour et du contre. Le pour, c’est que si on est copiés, ça veut dire que nous étions plutôt dans le vrai. Cela nous oblige à innover. C’est très bien pour la dynamique des sports de combat. Dès le départ, nous savions que nous ne pourrions pas avoir tous les événements. Tout ce qui fait parler des sports de combat, c’est très bien pour nous.

On a déjà tenu 4 ans, nous sommes dans le vrai mais on ne peut pas empêcher d’autres chaînes de se mettre sur notre créneau.

Vous avez du recul sur les audiences aujourd’hui, quel est le bilan ?

En France, les audiences du câble sont mesurées bizarrement et tous les 6 mois. Mais avec les réseaux sociaux, on peut voir les retours des téléspectateurs. On est sur une dynamique positive mais c’est compliqué de trouver des audiences précises et fiables pour les chaînes thématiques.

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Comment est financée SFR Sport 5 ? 

Si nous comptions sur la publicité, cela fait longtemps que la chaîne n’existerait plus. Les chaînes thématiques sur le câble et le satellite sont financées quasi intégralement par les distributeurs, qui paient selon le nombre d’abonnés.

David Astorga, l’ancien journaliste de TF1 et de Télé Foot vous a rejoint. C’est la solution, de miser sur des têtes un peu connues ?

C’est une question qu’on peut se poser. Tout ce qui élargit le champ nous permet d’élargir la palette des gens qui nous regardent. Un fan pur et dur ne fera pas attention à cela mais un téléspectateur moyennent intéressé sera forcément plus sensible.