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Thierry Debarnot (Gaming Campus): “Le grand défi repose sur la monétisation du secteur”

Antoine Orsini jeudi 10 janvier 2019
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Les jeux vidéo sont une vocation professionnelle pour certains. Dans un secteur en plein développement et porté par la vague du Esport, Gaming Campus est la première école du genre. Elle a ouvert ses portes à Lyon il y a quelques mois. Rencontre avec Thierry Debarnot, l’un des fondateurs.

Quelles ont été les origines de la création de l’école ? Pourquoi Gaming Campus ?

Le secteur global du jeu vidéo est colossal en terme de business, près de 108 milliards de dollars en 2017 et près de 18 points de croissance sur la dernière année. Ce secteur est particulièrement innovant, technologiquement et dans la création de nouveaux usages, ce qui le rend très attractif. Nous souhaitions apporter connaissance et expertise à ce secteur très récent et en croissance continue. La structuration d’un secteur passe également par l’éducation et la formation.

Nous sommes 3 associés fondateurs avec Valérie Dmitrovic et Jean-Baptiste Racoupeau, spécialistes du secteur de l’éducation et du digital. De mon côté, Gaming Campus est ma 3ème entreprise, j’ai commencé avec digiSchool, désormais acteur majeur de l’éducation via le digital en Europe, et une seconde dans l’immobilier. Notre volonté est de positionner l’école dans la zone large du jeu vidéo, dont l’esport fait partie. Nos expertises dans l’éducation et le digital sont de vrais atouts et nous avons surtout une passion commune pour cet univers.

Quelles formations proposent Gaming Campus ?

Il existe 2 écoles différentes, la première étant la Gaming Business School. C’est une école de commerce qui propose une expertise business appliquée au secteur des jeux vidéo ainsi qu’au digital. Un an avant l’ouverture de l’école, nous avons réuni médias spécialisées, studios graphiques, éditeurs et équipes professionnelles afin d’affiner le profil recherché des futurs étudiants et construire ensemble le programme pédagogique, le tout avec le soutien de plusieurs partenaires. Dès la rentrée, les étudiants bénéficient de 2 semaines d’immersion avec plus d’une trentaine de masterclass dirigées par les principaux acteurs du secteur comme Webedia, la Team Vitality ou encore Riot Games. Nous avons souhaité créer un parcours pédagogique le plus proche possible de la réalité afin de permettre aux étudiants de rentrer rapidement dans la vie active, en travaillant par exemple sur des cas pratiques avec Antoine Cohet, Head of Marketing & Communication chez Electronic Arts, gérés de A à Z par les étudiants . Puisqu’ils sont animés par cette passion commune des jeux vidéo, leur implication en est décuplée et travailler sur des cas concrets d’acteurs majeurs du secteur est une motivation supplémentaire.

La deuxième école est la Gaming Academy. Nous cherchons des étudiants d’un profil éducatif différent avec le projet de devenir joueur professionnel de jeux vidéo soit en devenant un athlète esportif de haut niveau soit en devenant influenceur entrepreneur. Nous sélectionnons ces profils principalement sur leurs performances esportives sur League of Legends (LoL), FIFA et Fortnite. Le niveau nécessaire est élevé. Pour LoL, c’est d’avoir atteint le rang “master” au moins 1 fois lors des 4 dernières saisons ou pour FIFA être classé dans le top 100 ou avoir participé à un événement officiel FIFA. Enfin pour Fortnite, c’est le nombre de victoires (supérieur à 300) qui est pris en compte, nous affinerons ce critère en fonction de l’évolution compétitive du jeu qui est très récent.

Ils passeront enfin un dernier test par la Team Vitality, partenaire de Gaming Campus. Pour la première rentrée, nous avons accueilli 7 étudiants et prévoyons d’augmenter le nombre de places pour 2019-20.

Concernant les entrepreneurs influenceurs, nous enseignons comment utiliser son image de marque, la diffuser ou encore créer et animer sa communauté. Le plus important est de donner les clés pour permettre à ces étudiants de monétiser leur activité, un volet désormais indispensable, notamment avec le soutien de Talent Web, l’agence de talents de Webedia.

La Gaming Academy fonctionne un peu comme un pôle espoir, nous sommes là pour bonifier le niveau de ces futurs athlètes mais seul leurs résultats permettront d’être recrutés par des équipes professionnelles, nous ne les plaçons pas. A côté de ce volet performance, nous avons trouvé indispensable d’ajouter à part égal une formation business sur la communication, l’anglais ou encore la gestion d’image de marque. Des coachs sportifs accompagnent les promotions pour effectuer un suivi sur le style de vie (sport and nutrition).

Quel est votre regard sur le développement de l’eSport et du débat autour de sa place aux Jeux Olympiques ?

Il est vrai que le secteur est en train de grossir de manière exponentielle, surtout en terme d’usage. Il y a désormais des objectifs multiples de développement comme la performance, l’expérience fan ou encore le nombre de spectateurs pendant les événements. Pour moi, le grand défi repose avant tout sur la monétisation du secteur, qui est encore très faible comparée à l’usage et à l’audience qui s’en dégage. Il n’y a qu’une seule équipe professionnelle qui sort du lot en France et qui arrive à lever des fonds, ce n’est pas encore assez pour amener le secteur a un autre niveau. Le nombre de joueurs professionnels est également très faible comparé à la pratique, il y a donc encore beaucoup à faire pour permettre au secteur de se structurer définitivement. Des acteurs comme Webedia ont permis à l’Esport de « divertissement » de croître très rapidement, notamment grâce à la création de contenus par des influenceurs mais le dialogue entre marques et les influenceurs n’est pas encore bien maîtrisé par ces derniers. Seules l’audience et la qualité du spectacle permettront à l’Esport de devenir l’égal des compétitions traditionnelles.

Toutes les informations sur Gaming Campus et les différentes formations sont à retrouver ici : https://gamingcampus.fr/

 

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