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Rencontre avec Marion Rolland, championne du monde de descente

Interviews

Rencontre avec Marion Rolland, championne du monde de descente

Mathieu POPLIMONT mercredi 11 décembre 2013
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Nous continuons notre chemin à la rencontre des acteurs du sport professionnel. Aujourd’hui, c’est un entretien avec Marion Rolland que nous vous proposons. Sacrée championne du monde de descente en début d’année, elle reste peu connue du grand public.

LeSportBusiness.com: Bonjour Marion, merci d’avoir accepté de répondre à nos questions. Une petite présentation pour nos lecteurs ?

Marion Rolland: Je suis originaire de la station des 2 Alpes, je skie depuis toute petite grâce à une maman monitrice de ski et un papa pisteur-secouriste. Toute ma famille travaillait dans les sports d’hiver, je suis tombée dedans en quelque sorte !

J’ai suivi le parcours « normal » d’une jeune sportive : Ski-Club des 2 Alpes depuis 1989, classe sportive au collège de Bourg d’Oisans, lycée d’été spécial sports d’hiver à Albertville, entrée en équipe de France en 1999, première coupe du monde en 2004. Je suis championne du Monde de descente depuis le 10 février 2013. Pendant un stage d’entrainement au Chili en septembre dernier je me suis cassé les ligaments du genou droit, c’est ma 3è blessure de ce type aux genoux.

Nous sommes dans une période délicate pour toi. Suite à ta blessure du mois de septembre, tu ne pourras pas participer aux Jeux Olympiques d’hiver. Comment te sens-tu ? Et quand penses-tu être de retour sur les pistes ?

Je vais bien, je me suis fait opérer fin septembre, je suis en période de rééducation pour l’instant pour retrouver la mobilité de mon genou. Je pense pouvoir remettre les skis fin mars – début avril. Je ne ferai pas de compétitions cet hiver mais j’aurai une période de préparation normale pour pouvoir commencer l’hiver dès les premières Coupes du Monde en décembre 2014. 

As-tu eu des propositions de la part de médias pour tout de même  être de la  fête et commenter ces  JO 2014 ?

On m’a demandé si je voulais commenter oui, je réfléchis pour l’instant. 

En temps normal, tu participes à combien de compétitions pendant l’année ?

Une quinzaine de Coupes du Monde (Descente et Super-G), les Championnats de France (Descente, Super-G, Géant), quelques courses FIS de fin d’hiver. Au total ça doit tourner autours d’une vingtaine de courses. 

Tu as la particularité d’exercer un emploi. Je crois savoir que tu travailles pour les Douanes Françaises. Comment arrives-tu à faire cohabiter ce métier avec ta passion pour le ski ?

Mon contrat pour les Douanes est un contrat visuel. L’administration aide les sportifs non professionnels depuis longtemps à pouvoir pratiquer leur sport intensément sans avoir le problème financier tout le temps à l’esprit. Dans le ski nos revenus sont en fonction de nos résultats, nous ne sommes pas payés ni par la Fédération Franaçise de Ski, ni par nos clubs. La Douane prend donc ce relais primordial pour nous. En contre partie nous participons aux Championnats de ski des Douanes chaque fin d’hiver et à quelques autres évènements selon notre calendrier. 

Ton emploi du temps est donc très chargé ?

Nous sommes tout le temps soit en entrainement, soit en compétition. La saison de ski ne dure que de Novembre à Avril mais c’est une période sans répits, avec des compétitions toutes les semaines. Il faut donc être prêt physiquement pour ça. C’est pourquoi nous nous entrainons physiquement de Mai à Octobre (vélo de route, marche en montagnes, musculation, appuis, vitesse de pieds…) entrecoupé avec des stages de ski sur les glaciers ou en hémisphère sud. Nous n’avons presque pas le temps de prendre des vacances alors avoir un travail régulier est impossible ! 

Les skieurs ont souvent de nombreux sponsors qui s’affichent sur leur combinaison. Avec ta bonne performance du mois de février, les marques se sont précipitées vers toi ? Tu as une équipe qui t’aide dans ces recherches de partenaires ?

Je n’ai pas eu beaucoup de nouvelles propositions. Les sponsors sur nos vestes et nos combinaisons sont des sponsors de la Fédération Française de Ski et la place est limitée par la Fédération Internationale de Ski. Nous n’avons un droit visuel que sur notre casque (limité à 50 cm carré), ou sur nos sites web mais c’est du coup moins vendeur !

Tu as commencé ta carrière professionnelle il y a presque 10 ans. Comment a évolué ton sport ? Tu remarques des transformations énormes ?

Le matériel est en constante évolution, donc c’est sûr que depuis mes premières années de compétitions le matériel à énormément évolué ! Pour les performances, je ne sais pas trop, chaque période à connu des champions exceptionnels, je pense qu’il y aura toujours des personnes qui marqueront plus leur sport que d’autre… Pour le côté financier, c’est sûr que nous sommes passé dans une époque plus dure qu’il y a quelques années, au même niveau de résultats, nos prédécesseurs gagnaient mieux leur vie que nous !

 A l’occasion de la cérémonie des Femmes en Or, tu es nominée dans la catégorie « Femme d’exploit ». Une reconnaissance pour ton engagement et tes exploits ?

Je suis contente d’avoir rendu beaucoup de gens heureux avec cette victoire, pour moi c’est le but d’une carrière de sportif de décrocher une médaille d’or dans son sport, je suis vraiment heureuse de l’avoir fait ! Je citerai Mandela qui résume bien ce que je voudrais que les gens retiennent : « Ne me jugez pas sur mes succès, jugez-moi sur le nombre de fois où je suis tombé et où je me suis relevé à nouveau. »

 

Nous te souhaitons un excellent rétablissement Marion. Merci de nous avoir accordé un peu de temps.

 

 

 

 

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